Préambule à la Pétition.

Nous soussignés, citoyens de l’Union Européenne ou citoyens d’autres pays, nous nous permettons de vous soumettre la pétition ci-dessous, au vu de la direction que prend la politique intérieure de la Slovaquie depuis que le gouvernement actuel a crée une véritable hystérie hungarophobe en rouvrant une plaie encore mal refermée: Récemment, ce pays a confirmé solennellement les décrets et lois instaurés vers la fin et après la 2ème Guerre Mondiale, qui profitant du climat de haine répandu alors, avait pour but avoué de se défaire des minorités allemande et hongroise afin de créer un Etat purement slave. Cette législation connue depuis sous le vocable de « Décrets de Benes » permit au pays d’expulser les minorités Allemandes et Hongroises.

Cependant, les puissances victorieuses de la Guerre, lors des décisions prises par le Tribunal International de Nuremberg avaient seulement permis l’expulsion des citoyens allemands résidents dans des territoires occupés par l’Allemagne nazie. Les Alliés n’avaient jamais reconnu la culpabilité collective et solidaire de la population hongroise avec les Allemands.

Les Tchécoslovaques d’alors ont tout de même institué une législation anti-hongroise, qui leur permettait d’expulser sans ménagement et dans des conditions inhumaines, un certain nombre de citoyens de la minorité hongroise, environ 100 000 autochtones. Il avait été convenu un échange de population hungaro-slovaque, basé sur le principe de volontariat réciproque. Alors que la Hongrie avait parfaitement respecté ses engagements, la Slovaquie avait en revanche, imposé par la force l’expulsion de population issus de la minorité hongroise, non volontaire, dans le seul but de spolier et de s’approprier leurs biens (immeubles, bétail, fermes prospères, terres etc. sans aucune compensation).

C’est bien évidemment la population la plus aisée qui fut visée. Le nombre d’expulsés était nettement supérieur à celui des volontaires retournant en Slovaquie. (100 000 contre 70 000) Le sort des Hongrois restants en Slovaquie, se détériora considérablement jusqu’en 1948 : chômage forcé, interdiction d’accès à certaines professions, etc. Les écoles de langue hongroise furent fermées, les associations dissoutes et toute attitude „hungarophile” fut réprimée.

La „reslovaquisation” c’est à dire le fait de se „convertir” en „Slovaque”, en changeant de nom patronymique et de prénoms, en acceptant de ne plus parler hongrois, pouvait soulager certains citoyens. Les récalcitrants à cette conversion furent l’objet de brimades continuelles et devenaient victimes de jugements iniques sur des prétextes fallacieux.

L’avènement du communisme en 1948, malgré toutes les autres souffrances inhérentes à son système, interrompit cette slovaquisation forcée et le sort des Hongrois devint relativement identique aux Slovaques. Cependant l’anti-magyarisme était resté dans la conscience collective des Slovaques.
Le gouvernement actuel, arrivé au pouvoir en 2006, tente de réhabiliter l’esprit de la législation Benes, afin d’inciter et de conforter la population slovaque dans sa haine des Hongrois. En confirmant la validité et l’intangibilité des décrets Benes, le but du gouvernement est de sauvegarder les biens acquis frauduleusement à cette période, et de se soustraire à toute réparation morale et financière.

Il est impensable aujourd’hui en 2008, qu’au sein de l’Union Européenne, dont les actes fondateurs reposent essentiellement sur le respect d’autrui, à l’attachement inaliénable aux droits de l’homme et à la recherche pérenne de la paix, un pays membre incite à la haine contre une communauté, en lui déniant son histoire et son identité, son droit à la justice et aux réparations légitimes, en défendant publiquement d’anciens textes juridiques vengeurs, et contraires à l’esprit de l’Union à laquelle il appartient. Ce grave manquement met en péril toute possibilité de réconciliation sincère et durable.
Nous osons espérer que l’Union Européenne et son Parlement sauront prendre des mesures convenables afin d’empêcher la résurrection d’une idéologie issu d’un autre âge.

Ci-dessous, la version originale, plus détaillée et documentée de la pétition, pour ceux qui souhaiteraient de plus amples informations.